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Historique

Introduction

L’Eglise des Assemblées de Dieu du Togo a derrière elle 75 ans de vie. Commencé faiblement en avril de l’an 1936, ce mouvement est devenu aujourd’hui la plus grande église pentecôtiste du Togo. Ce succès et cette victoire, il faut les attribuer d’abord à l’élément même qui a donné naissance au pentecôtisme, la puissance du Saint-Esprit, mais aussi au zèle, aux luttes, aux combats et à l’esprit de sacrifice de ceux qui ont porté le message du salut. Venus des Etats-Unis et de la Haute Volta (aujourd’hui Burkina Faso), ces missionnaires et pionniers n’ont pas rechigné devant les obstacles et défis afin d’annoncer la Bonne Nouvelle aux populations togolaises. Aujourd’hui, l’histoire leur donne raison.
Retracer un parcours de 75 ans aussi riche en événements n’est pas chose facile. On ne peut que relever les grandes lignes ayant marqué la vie de l’Eglise, depuis l’implantation jusqu’à l’expansion dans toutes les régions du Togo, sans oublier les facteurs ayant favorisé sa croissance. Une bonne place sera aussi réservée à l’organisation et aux œuvres sociales. En parcourant ces pages, nous sommes invités à tirer des leçons de notre passé afin de mieux envisager l’avenir.

APERÇU DE L’HISTOIRE DES ASSEMBLEES DE DIEU

L’histoire des Assemblées de Dieu est un chapitre de l’histoire du pentecôtisme moderne qui a vu le jour au début du 20ème siècle aux Etats-Unis. En effet, vers la fin du 19ème  siècle, se manifesta une grande soif pour une expérience plus profonde que la conversion. Cette situation donna naissance à plusieurs mouvements de sainteté en quête d’un renouveau spirituel. Parmi ces mouvements, figurait le Mouvement de la Foi Apostolique (Apostolic Faith Movement) fondé par Charles Fox Parham.

1.    Charles Fox Parham et l’Ecole Biblique de Topeka

En octobre 1900 Charles Fox Parham décida d’ouvrir une Ecole Biblique afin de propager et de développer ses positions doctrinales. C’est ainsi que l’Ecole Biblique Béthel (Bethel Bible School) vit le jour. Parham y enseigna que le parler en langues était le signe biblique initial du baptême dans le Saint-Esprit.  Parmi les étudiants de ‘Bethel Bible School’ qui s’engagèrent à rechercher le baptême du Saint-Esprit tel qu’enseigné par Parham, fut une femme, Agnès Ozman. Le 1er janvier 1901 lors du culte du soir, elle reçut le baptême du Saint-Esprit et se mit à parler en langues. L’expérience d’Agnès Ozman était le coup de sifflet pour le début d’une nouvelle effusion du Saint-Esprit dont le point culminant fut le réveil d’Azusa Street avec William Seymour.

2.    William Seymour et Azusa Street

L’expérience d’Agnès Ozman mit fin à l’Ecole Biblique de Béthel. Le mouvement se dispersa afin de propager le feu de la pentecôte. Parham s’établit finalement à Houston où plusieurs Noirs Américains furent influencés par son ministère. Parmi ceux-ci, il y avait William J. Seymour, un Noir et ancien élève de Parham. L’histoire rapporte que Seymour suivait les cours de Parham assis dehors dans l’allée, parce qu’il n’était pas autorisé à s’asseoir dans la même classe avec les étudiants blancs.  Il fut cependant convaincu du message de Parham sur le baptême dans le Saint-Esprit et transporta ce message à Los Angeles.
En 1906 l’attention porta sur les efforts de Seymour à Los Angeles où il tint des réunions publiques. Le lundi 9 avril 1906, pendant que Seymour et sept autres personnes priaient, le Saint-Esprit descendit. La nouvelle se répandit et les gens accoururent de partout. Seymour transféra ses réunions dans une église abandonnée à 312 Azusa Street. Cet événement fit sensation et défraya la chronique. Les journaux en parlaient. Les gens venaient de partout le monde pour assister à ses réunions. Le réveil pentecôtiste se répandit partout aux Etats-Unis entre 1906 et 1907.
Le pentecôtisme moderne en Amérique naquit hors des dénominations existantes qui rejetèrent le message et l’expérience de la pentecôte. Ce rejet entraina la création des groupes et centres pentecôtistes éparpillés aux Etats-Unis et qui seront à l’origine de la naissance des Assemblées de Dieu.

3.    La naissance des Assemblées de Dieu

Au départ, presque tous les mouvements pentecôtistes étaient opposés à toute forme d’organisation ecclésiastique. Mais avec le temps, l’organisation s’imposa comme une nécessité afin de consolider les liens entre les différents groupes et centres pentecôtistes et de préserver la doctrine.
Ainsi, quelques dirigeants très connus au sein du renouveau pentecôtiste décidèrent de lancer un appel  à toutes les Eglises de Dieu en Christ et toutes les Assemblées pentecôtistes ou de la Foi Apostolique qui aimeraient collaborer dans l’amour et la paix afin d’étendre le royaume de Dieu. Cet appel fut entendu. Du 2 au 12 avril 1914, plus de 300 délégués se rassemblèrent à Hot Springs dans l’Etat d’Arkansas pour créer une nouvelle organisation nationale qui allait regrouper des centaines d’églises indépendantes éparpillées dans tous les Etats-Unis. Le congrès nomma le pasteur E. N. Bell Président de séance et le pasteur  J. Roswell Secrétaire. A l’issue des travaux, les participants convinrent de se rassembler sous une seule et même bannière dénommée : ‘Les Assemblées de Dieu’, selon Néhémie 13 :1 et Psaume 82 :1 : « Dieu se tient dans l'assemblée de Dieu ». E. N. Bell en devint le premier Président.

Le réveil pentecôtiste du début du 20e siècle aux Etats-Unis avait surtout produit un zèle extraordinaire pour la mission. Parfois au péril de leur vie, des missionnaires allèrent dans plusieurs parties du monde : Afrique, Amérique du Sud, Asie. C’est ainsi qu’en automne 1920 une équipe de missionnaires américains dirigée par Wilbur Taylor quitta les USA par bateau. Ils traversèrent le Sénégal et le Soudan Français (Mali), remontèrent le fleuve Niger et accostèrent à Mopti.  De là ils entamèrent le voyage à dos d’âne en passant par Ouahigouya, Yako et ils arrivèrent, le 1er Janvier 1921, à Ouagadougou la capitale.  Quelques années plus tard, des Missionnaires passèrent les frontières du Burkina Faso pour apporter l’Evangile au Togo.  


L’IMPLANTATION DES ASSEMBLEES DE DIEU AU TOGO

1.    La pénétration

L’année 1936 et la ville de Dapaong, une date et un lieu qui resteront mémorables dans l’histoire des Assemblées de Dieu du Togo. En effet, cette année-là, les premiers pionniers arrivèrent dans le chef-lieu de la préfecture de Tône, venant de Tenkodogo en Haute-Volta (Burkina Faso) où les missionnaires américains avaient installé une station.
Le premier missionnaire à fouler le sol togolais fut Arnold C. Weston, installé dans la région de Tenkodogo (1932 - 1940). Il fit un voyage de reconnaissance au Togo et traversa la moitié du pays jusqu'à Sokodé. Il découvrit qu’aucune mission protestante n’était installée dans le Nord du Togo. Il sollicita et obtint du gouverneur BOURGINE (avril 1935 – octobre 1936) l’autorisation d’évangéliser la région.
Pendant les années qui suivirent un grand effort d’évangélisation fut mené par des chrétiens Mossi et Boussanga venant de la Haute-Volta. Le tout premier pionnier fut Nizemba Dentoumda. Il fut suivi par deux autres : Tenga Sapaga, Soukouba (ou Sobaba) Kéré. Ils parcoururent à pied les villages et hameaux de la préfecture de Tône afin d’y apporter la Bonne Nouvelle ; beaucoup se convertirent. Tapsoba Issaka Flavien rapporte que Nizemba Dentoumba « quitta Dapaongo en y laissant une église de trois cent cinquante fidèles pour rejoindre Ouagadougou » .  
Le succès de ces premiers pionniers encouragea les missionnaires américains à s’installer à Dapaong.

2.    Les stations missionnaires

2.1.    Dapaong

La première station missionnaire fut donc installée à Dapaong en 1940 par Rev et Mme Paul Weidman venus de Tenkodogo. Mais ils durent repartir à Tenkodogo pendant la saison pluvieuse lorsque leur case s’écroula. Mais cela n’entama pas leur détermination. Ils revinrent après les pluies et reconstruisirent une nouvelle case.     
Cependant, le séjour des Weidman fut très bref. Ils quittèrent définitivement Dapaong en 1941. Il fallait attendre six ans avant qu’un autre missionnaire ne prenne la relève.

Murray et Marjorie Brown étaient de jeunes missionnaires travaillant à l’institut biblique de Koubri en Haute-Volta. Un jour, pendant qu’il était à l’école, il entendit un éclat soudain de chants joyeux. Etant sorti, il vit sept garçons qui descendaient la route
avec un pousse-pousse à deux roues rempli de céréales (mil, maïs, etc.) et des nattes en paille. « Ils viennent du Nord Togo », dit quelqu’un, « car leur dialecte est différent du Mooré que nous parlons dans le pays Mossi » . Ces sept garçons avaient voyagé à pied sur plus de 300 kilomètres dans la poussière de la saison sèche afin d’aller étudier à l’Ecole Biblique de Koubri. Très poussiéreux et fatigués, ils étaient pourtant tellement joyeux d’être enfin arrivés qu’ils éclatèrent en louanges au Seigneur. Au nombre de ces jeunes, était Pasgo Bila, que le destin prédestinait à devenir le premier Président de l’Eglise des Assemblées de Dieu du Togo.  

Murray n’a jamais oublié cette scène émouvante. Plus tard, lui et sa femme Marjorie apprirent qu’il n’y avait aucun missionnaire des Assemblées de Dieu au Togo, et qu’il n’y avait aucun missionnaire de n’importe quelle confession dans le Nord du pays (…) Les Browns comprirent le besoin de ce pays voisin. Plus ils prièrent pour cela, plus ils sentirent l’appel de Dieu pour le Togo. Finalement ils s’embarquèrent dans leur pick-up en direction de Dapaong  .

Le 22 septembre 1947, Murray et Marjorie Brown arrivèrent à Dapaong sous une pluie battante. Depuis le départ des Weidman, les chrétiens priaient pour que Dieu leur envoie un missionnaire. Quand ils virent le pick-up des Brown, ils accoururent en criant : « Nous ne sommes plus des orphelins » . Plusieurs pleurèrent de joie. Brown écrira plus tard :

Le voyage sur Dapaong était le point culminant de mes années en Afrique. Je sentis sans aucun doute que j’étais là où Dieu voulait que je sois parce que
plusieurs années auparavant, j’avais eu une vision dans laquelle j’ai vu le pays dans lequel nous travaillions (Dapaong). Si cela avait été possible, je pouvais y passer le reste de ma vie .

Homme infatigable, Brown parcourut toute la préfecture du grand Tône et implanta des églises jusqu’à Mandouri à l’Est.

La prédication de l’Evangile était souvent accompagnée de démonstrations de la puissance du Saint-Esprit, avec des guérisons.
Le temple et la résidence missionnaire de Dapaong furent l’œuvre des Brown. Ils quittèrent définitivement Dapaong en 1960 pour continuer la mission à Kpalimé.
En octobre 1962, John Hall arriva à Dapaong. L’histoire retiendra son très grand effort de traduction de portions d’Ecritures en Moba. Son souci était de permettre aux Moba de lire la Bible dans leur propre langue. Avec l’aide de Caleb Bouabyal (Saabdaan), l’un des premiers pasteurs Moba, il traduisit plusieurs portions du Nouveau Testament en Moba. Ils redigea aussi des leçons de l’Ecole de Dimanche en trois colonnes : Moba, Français et Moore (Togo History Information, 1984). Il est aussi l’auteur d’un recueil de chants en Moba et d’un syllabaire en Gourmantche.
Hall était à la fois un missionnaire, un linguiste et un médecin dentiste. Pendant son séjour de 4 ans (1962-1965) à Dapaong, il  aida beaucoup ses collègues missionnaires, les fonctionnaires du gouvernement et les autochtones qui avaient des problèmes dentaires.
Le succès de l’Evangile à Dapaong fut incontestable. Les tous premiers pasteurs des Assemblées de Dieu du Togo vinrent de Dapaong. Parmi la première vague formée à Koubri en Haute-Volta (Burkina Faso), on peut citer : Pasgo Bila (qui devint le premier Président des AD du Togo) ; David Gnandja ; Caleb Bouabyal (Saabdaan) ; Piga Tchedlebeogo, cousin de Ninzemba; Kamlone ; Kombate Bonabona.  
De Dapaong, l’Evangile se mit à progresser lentement vers les autres villes du Nord-Togo. La prochaine étape fut Sansanné-Mango.

2.2.    Sansanné-Mango

La station missionnaire de Mango vit le jour en 1950 grâce à Paul Bruton. Les populations de la région se montrèrent favorables à l’Evangile. Un chef de village lança un cri du macédonien en demandant au missionnaire de leur envoyer un prédicateur : « Nous avons entendu qu’il y a des missionnaires à Sansanné-Mango. S’il vous plait, envoyez-nous un enseignant. Nous construirons une maison. Nous construirons une église. » .
Après Paul Bruton, les missionnaires Mel McNuctt, Wayne Turner et Melton Hill se succédèrent à Mango. En 1956, le Pasteur Bemou, fraîchement sorti de l’Ecole Biblique de Natitingou, prit la direction de l’église de Mango. Le couple missionnaire Robert et Becky Creel y passèrent aussi un mandat et ouvrirent une librairie chrétienne à côté de l’église. Presqu’au même moment, d’autres missionnaires étaient à l’œuvre à Bassar.

2.3.    Bassar

De Mango, l’Evangile fit donc cap sur Bassar avec le missionnaire David Wakefield en 1951. Celui-ci reçut un accueil chaleureux de la part de la population et des autorités de la ville qui lui firent une concession de terre pour la construction d’une station missionnaire. La résidence missionnaire fut construite par Henri Dahlberg qui avait pour aide le pasteur Garba. Wakefield construisit la chapelle et un centre de formation technique en 1956. Il ouvrit également un cours préparatoire afin de rehausser le niveau des candidats pour l’Institut Biblique de Natitingou. Ces installations sont devenues aujourd’hui l’Ecole Primaire des Assemblées de Dieu de Bassar. L’Evangile prospéra à Bassar et plusieurs jeunes
répondirent à l’appel pour le ministère. On peut citer entre autre : Labodja Bourè, Nabine Gnon, Wagbe Gbandi, Nabine Morou, etc.

2.4.    Sokodé

Après Mango, Wayne Turner et le pasteur Bémou débarquèrent à Tchamba en 1959 d’où ils iront à Sokodé, ville en majorité musulmane, en février 1960. Ils achetèrent un bâtiment de la compagnie SCOA qu’ils transformèrent en lieu de culte. Un logement pour le pasteur fut également amenagé. Ces bâtiments furent inaugurés le 27 avril 1960, jour de l’indépendance du Togo.

Pendant 24 ans les activités missionnaires des Assemblées de Dieu étaient limitées au Nord du Togo en raison d’une convention avec la Fédération des Eglises Protestantes de l’Afrique de l’Ouest. Après l’indépendance du Togo les Assemblées de ieu commencèrent à ouvrir des églises au Sud.

2.5.    Lomé

Lomé fut la première étape dans l’implantation des Assemblées de Dieu au Sud. Le 1er juin 1960, David Wakefield arriva à Lomé pour y ouvrir la première station missionnaire au Sud. Il acquit pour le compte de l’Eglise un terrain à Kodjoviakopé où fut construite la résidence missionnaire. C’est là le siège des Assemblées de Dieu du Togo aujourd’hui. Un autre terrain fut acheté au 10, rue du chemin de fer, où se trouve le Temple du Calvaire. William Lovick en construisit le premier temple qui fut inauguré le 25 février 1968 en présence du Président de la République, feu Gnassingbé Eyadema. La personnalité charismatique, tenace et influente de William Lovick a permis l’acquisition du site de l’ESTAO/FATAD.


La deuxième étape dans l’implantation des Assemblées de Dieu au Sud fut Kpalimé.

2.6.    Kpalimé

Le 18 novembre 1962 le couple Murray et Marjorie Brown déposèrent leurs valises à Kpalimé, ville située à 120 kilomètres au Nord-Ouest de Lomé. Ce fut le début des Assemblées de Dieu dans ce milieu. Le terrain n’était pas facile, mais la foi et la persévérance qui ont toujours caractérisé ce couple missionnaire ont permis la naissance d’une assemblée dans la ville. L’église commença dans leur salon dans le quartier Nyiveme. Avec la bénédiction de Dieu, la petite assemblée commença à croitre, débordant le salon des Brown. Il fallait trouver un emplacement pour l’église.
Grâce à la vision de Brown, un terrain de quatre lots fut alors acquis. Ce sont les locaux actuels de l’église des AD de Kpalimé. Notons que les pasteurs Tossou Tetevi et Bemou Joseph Yeropa ont collaboré avec Brown dans l’implantation de l’église à Kpalimé. L’église de Kpalimé prendra son essor au temps du pasteur Edoh Kodjo.
D’autres missionnaires y ont également travaillé : Ben Odell, Glen Gray et Cunningham. Apres Brown, le pasteur Bemou Yeropa prit la relève pour la suite de l’œuvre à Kpalimé.

Ainsi, de 1936 à 1962, les Assemblées de Dieu touchèrent presque toutes les régions du Togo. Pour la bonne marche de l’œuvre, les missionnaires travaillant au Togo décidèrent de former un seul groupe missionnaire avec ceux du Benin.

3.    Le champ Togo-Dahomey

Au début, l’Eglise togolaise était unie à celle de la Haute-Volta (Burkina Faso), puisque les premiers missionnaires et évangélistes étaient venus de là.  En 1945, la première station missionnaire du Dahomey (Bénin) vit le jour à Natitingou avec le couple missionnaire A.E. Wilson. En 1951 les deux champs missionnaires du Togo et du Bénin furent alors unis.
Dans les années 1950, le champ Togo-Bénin comptait 21 missionnaires, 7 stations missionnaires (Natitingou, Tanguiéta, Boukoumbé, Kouandé, Sansanne Mango, Dapaong et Bassar), 14 pasteurs, 200 fidèles, 18 églises et une école biblique, celle de Natitingou.
L’autonomie fut accordée aux nationaux des deux pays en 1955 à la conférence de Dapaong et ratifiée à la convention de Tanguiéta le 7 décembre 1956. Un Comité Exécutif Togo-Dahomey de trois membres fut alors élu et composé comme suit :

-    Président             : Rév. PASGO Bila Daniel
-    Vice-président         : Rév. KALIFA Sabou
-    Secrétaire –Trésorier    : Rév. WAGBE Gbandi Claude

Cependant, le couple Togo-Benin n’allait durer qu’une dizaine d’années.

4.    Séparation du champ Togo-Dahomey

Après l’indépendance des deux pays, la cohabitation n’était plus possible. A la convention de Natitingou en décembre 1965, le champ Togo-Dahomey va être séparé et le groupe missionnaire divisé en deux. Les Eglises nationales des deux pays devaient se réorganiser. Ainsi, un Comité Exécutif pour le Togo fut formé et composé de :

-    Président             : Rév. PASGO Bila Daniel
-    Vice-président         : Rév. BEMOU Yeropa. Joseph
-    Secrétaire-trésorier         : Rév. WABE Gbandi Claude

Le Révérend PASGO Bila Daniel occupera ce poste jusqu’à sa retraite en 1987, date à laquelle il passera le témoin à un autre serviteur choisi par Dieu, le Révérend DJAKOUTI Mitré. Sous sa houlette, l’Eglise va continuer à s’enraciner et à se développer dans tous les domaines : spirituel, matériel, social, etc.

Le Bureau Exécutif élu en 1987 était composé comme suit :

-    Président             : Rév. DJAKOUTI Mitré
-    Secrétaire Général         : Rév. HANNANI Natani
-    Trésorier General         : Rév. BEMOU Yeropa
-    Conseiller             : Rév. TOMTANIA Kwame
-    Conseiller             : Rév. WEIDMAN John

Loin de freiner l’œuvre, la séparation avait plutôt favorisé l’expansion rapide de l’Eglise dans les deux pays. Les Assemblées de Dieu du Togo vont donc toucher progressivement toutes les autres régions et  localités du pays grâce au zèle conjugué des missionnaires et des nationaux.

5.    L’expansion de l’Eglise dans les autres localités

L’expansion des Assemblées de Dieu dans les autres régions peut-être considérée comme la deuxième phase dans l’histoire des Assemblées de Dieu du Togo après celle des stations missionnaires. Si la première phase était  essentiellement menée par les missionnaires, les nationaux ont été à la ligne de front au cours de cette deuxième partie.

5.1.    La région de la Kara

5.1.1.    La préfecture de la Kara

Jack Bledsoe fut le premier missionnaire à s’installer à Lama-Kara (Kara) en 1969. En décembre 1969, les élèves pasteurs Natani Hannani et Koffi Batango organisèrent une campagne d’évangélisation porte-à-porte qui vit le tout premier converti de Lama-Kara, Djato Kpiki.
Le couple missionnaire Glen et Peggy Gray arrivèrent dans la région en 1978 et y développèrent un important centre d’évangélisation. Le missionnaire James Chaney avait lui aussi un grand fardeau pour l’évangélisation dans la région de la Kara.

5.1.2.    Le milieu Lamba

Les Lamba furent touchés par l’Evangile en 1961. Vingt ans plus tard, c’est-à-dire en 1981, on comptait 12 pasteurs, 23 églises locales et plus de 1 500 chrétiens Lamba.  Selon Robert C. Cunningham, « les guérisons miraculeuses ont été parmi les facteurs qui ont attiré les Lamba à Christ. »

5.2.    La région Centrale

La région centrale fut très tôt touchée par les Assemblées de Dieu. Bassar (1951) et Sokodé (1960) figurent parmi les premières stations missionnaires implantées par les missionnaires. Les autres préfectures de cette région seront atteintes par la suite.

5.3.    La grande région des Plateaux

Déjà en 1962, les Assemblées de Dieu arrivèrent à Kpalimé avec le couple missionnaire Murray et Marjorie Brown venant de Dapaong. De Kpalimé, les Assemblées de Dieu vont gagner les autres préfectures de la grande région des Plateaux.

5.3.1.    La préfecture de l’Ogou

Les premières églises de la préfecture de l’Ogou furent celles d’Atomé et d’Agounké. Entre 1969 et 1970 la ville d’Atakpamé va être touchée par l’Evangile grâce au témoignage de la famille Heindé. Monsieur Heindé était un fonctionnaire de la UAC affecté dans la ville. Il obtint du chef de circonscription, Ali Kpohou, la permission de tenir des cultes avec sa famille. D’autres personnes se joignirent à eux. En 1973, le missionnaire Edmonds arriva à Atakpamé afin de soutenir l’œuvre.

5.3.2.    La préfecture du Haho

Les Assemblées de Dieu sont arrivées très tôt dans le Haho. En 1966 les pasteurs BEMOU Yeropa et NABINE Gnon furent envoyés pour diriger respectivement les assemblées de Kamé et d’Asrama qui s’étaient s’affiliées aux Assemblées de Dieu quelques années auparavant, suite à des incompréhensions au sein de leurs assemblées d’origine, Apostolique puis Pentecôte. En décembre 1977, le pasteur Natani Hannani, qui venait de terminer ses études au CSTAO, fut affecté à Kamé. Il  sera ramené à Lomé en janvier 1979 pour prendre la direction du Foyer des Jeunes.
L’église de Notsé a vu le jour en 1985 grâce aux sieurs KONDO Akodegnon et DEGLO. Aucune église des Assemblées de Dieu n’étant dans le milieu à leur arrivée, ils commencèrent alors à évangéliser et à inviter les gens à la prière et à  l’étude biblique. C’est ainsi que les Assemblées de Dieu s’y implantèrent. Le premier pasteur fut Matchao Koffi.


Les autres préfectures de la région furent progressivement atteintes par les Assemblées de Dieu : Danyi, Wawa, Agou, Amou et Kpélé-Akata.

En février 2000, la grande région des Plateaux fut divisée en deux à cause de sa superficie très vaste qui rend difficile une administration efficace :
-    la région des Plateaux-Est, comprenant les préfectures de l’Ogou, de l’Anié, du Haho, de l’Est Mono et du Moyen Mono,
-    la région des Plateaux-Ouest, formée des préfectures de Kloto, de Wawa, d’Amou, d’Agou, de Kpélé-Akata, d’Akebou, de Danyi.

5.4.    Les régions Littorale et Maritime

Lomé fut la première cible des Assemblées de Dieu au Sud, avec l’implantation du Temple du Calvaire qui va participer activement à l’ouverture de  plusieurs églises dans la grande région Maritime. En 2003, avec la croissance de l’Eglise, la grande région Maritime fut scindée aussi en deux : la région Littorale comprenant les préfectures du Golfe, Lacs, Bas-Mono et Vo, et la région Maritime composée de l’Avé, Yoto et Zio.

5.4.1.    La préfecture de Yoto

La première préfecture de la region maritime à accueillir les Assemblées de Dieu dans la région maritime fut le Yoto. Les Assemblées de Dieu y arrivèrent en 1962, avec la conversion du chef canton de Tagbligbo, monsieur VIAGBO. La première église de cette préfecture vit le jour à Kouvé. En 1978, le pasteur DJAKOUTI Mitré fut affecté de Dapaong à Kouvé. Son ministère permit l’implantation de plusieurs églises dans la préfecture.

5.4.2.    La préfecture des Lacs

Dans la région Littorale, après le Golfe, ce fut le tour des Lacs de recevoir la lumière de l’Evangile apportée par les Assemblées de Dieu. En novembre 1978 les étudiants du Cours Supérieur de Théologie de l’Afrique de l’Ouest (CSTAO) organisèrent une campagne d’évangélisation à Attitogon et y implantèrent l’église. Elle fut dirigée par le prédicateur laïc Lombo Koutchanté. Le Pasteur  TOGBUI Mawussi sera affecté à Atitogon de 1979 jusqu’en 1990.
L’église d’Aného fut ouverte en 1980/1981 par le Temple du Calvaire. Le premier pasteur fut Amouzou Denis, suivi des pasteurs AZAKPO Tete et de ANANI Kodjovi Gaston.

5.4.3.    La préfecture de l’Avé

La première église de cette préfecture fut créée à Zogbepimé, le 25 décembre 1978, jour de Noël, grâce aux sieurs DUHO Komi, NUKAFO Kossi, ADJOKOU Koffi Richard et madame GAMEDI Victoria. Ces derniers priaient pour l’implantation d’une église à Zogbepimé. C’est alors que Monsieur ADJOKOU alla voir les responsables du Temple du Calvaire, dirigé par le Rév. PASGO Bila, pour solliciter l’ouverture d’une église ‘Assemblées de Dieu’ dans le milieu. Le premier dirigeant de cette église fut le prédicateur laïc AGBEDELA Kpeli de 1978 à 1979. Son ministère permit l’ouverture de deux églises annexes à Agbadjanakè et à Assahoun.

5.4.4.    La préfecture de Vo

Les premières églises des Assemblées de Dieu dans le Vo furent celles de Tidémé, d’Atsansi et de Sevagan en 1979. L’église de Vogan-ville fut implantée en 1984. Le missionnaire KUMMERER et quelques étudiants du CSTAO y organisèrent une évangélisation en plein air du 03 au 05 mai 1984 et y implantèrent l’église. Le pasteur TOSSOU Kossi, qui dirigeait l’église de Sévagan, supervisa l’église naissante. De 1986 à 1988, cette église fut confiée au pasteur ANANI Kodjovi Gaston en poste à Aného. La consécration de certains jeunes tels que Fiozandzi Edo, Akoesso Yao, Kalipé Bruno, Dick Adékpoé et Sékaya au tour du pasteur Kodjovi permit à la jeune église de s’enraciner, Le pasteur Kempou Alandjo prit la direction de l’église de Vogan le 1er juillet 1988.

5.4.5.    La préfecture du Zio

Les premières églises de la préfecture du Zio furent Aya Copé et Gamé Comé en 1978. Elles furent suivies de l’église de Dalavé en 1980. L’église de Tsévié a vu le jour en 1980 grâce à l’action conjuguée des églises du Temple du Calvaire, de Zogbepimé et de Dalavé à la suite d’une croisade d’évangélisation dirigée par feu WAGBE Gbandi Claude, alors Secrétaire General du Bureau Exécutif. Le premier lieu de culte était une salle louée située au coté sud de l’actuel établissement Emily, derrière le groupement maritime de la Gendarmerie Nationale. L’église déménagera par la suite sur son site actuel, un terrain acquis par l’Eglise Nationale. Le premier pasteur fut le missionnaire Alton SMITH. C’est lui qui entreprit la construction du temple en collaboration avec d’autres missionnaires américains.

Les Assemblées de Dieu ont mis 42 ans, de 1936 à 1978,  pour atteindre toutes les régions du Togo. La conquête des autres régions du pays représentait un grand défi dû principalement au manque d’ouvriers. Mais avec l’expansion, l’Eglise a aussi connu une grande croissance, aussi numérique que spirituelle.

CONCLUSION

Que faut-il retenir de ce survol de l’œuvre accomplie pendant soixante-quinze ans par l’Eglise des Assemblées de Dieu du Togo ? Deux constats se dégagent de ce parcours. D’une part, un grand travail a été accompli dans tous les domaines : spirituel, social (santé, éducation), etc. et on peut s’en réjouir. Mais, de l’autre, cette joie et cette fierté ne doivent pas nous faire oublier le travail qui reste à faire.

L’œuvre accomplie

L’expansion et la croissance de l’Eglise des Assemblées de Dieu du Togo sont évidentes aujourd’hui dans toutes les régions administratives du Togo, dans toutes les villes, dans les cantons, dans les villages et même les hameaux les plus reculés. En soixante-quinze ans d’existence, elles comptent près de 200.000 membres et plus de 1.500 assemblées locales. Ces chiffres ne sont peut-être pas records, mais ils représentent une grande victoire au regard des nombreux défis auxquels elle a dû faire face. La formation des ouvriers et le zèle dans l’évangélisation sont les deux grands facteurs qui ont permis d’atteindre ces résultats
Les œuvres sociales. Quasi inexistantes au sein de l’EADT jusque dans les années 80, les œuvres sociales ont connu, au cours des deux dernières décennies, un grand intérêt de la part des responsables de l’Eglise. Un pas de géant a été marqué dans le domaine de l’engagement social de l’Eglise : éducation, développement communautaire, assistance sociale, réhabilitation, santé, finances, etc. Aucun secteur n’a été ignoré. Les œuvres sociales sont la preuve que l’Eglise ne s’occupe pas que du spirituel. Elle entend aussi participer au développement socio-économique du pays.
La mission extérieure est aussi un autre domaine où l’Eglise a fait des progrès. Avec ses modestes moyens, l’EADT a envoyé quatre missionnaires à l’extérieur et d’autres sont en instance de partir.
Mais ces victoires ne doivent pas occulter les défis encore plus grands à surmonter et nous faire sombrer dans la complaisance. En levant les yeux pour voir les champs qui blanchissent pour la moisson, le sentiment de succès doit faire place à l’insatisfaction face au travail qui reste à accomplir.

L’œuvre à accomplir

Certes, une grande œuvre a été accomplie en 75 ans ; mais qu’est-ce qu’elle représente par rapport à ce qui reste à faire ? Avec 200.000 fideles, l’EADT ne constitue qu’environ 3,50% de la population togolaise estimée à 6 millions d’habitants. C’est encore infime. Plus de la moitié de la population togolaise ne connaît pas encore le Seigneur, d’autres religions et sectes exotériques gagnent du terrain, plusieurs peuples et milieux ne sont pas atteints par l’Evangile.
La moisson est toujours grande et le temps presse. Pour relever le défi, il va falloir un renouveau spirituel, une nouvelle consécration des serviteurs de Dieu, un engagement et une implication réelle de chaque membre de l’église dans le soutien de l’œuvre pour étendre le règne de Dieu dans toutes les vies, dans toutes les maisons, dans toutes les villes et villages et dans toutes les nations, afin qu’on dise parmi les nations : l’Eternel règne !

C’est le lieu de remercier très sincèrement l’Eternel Dieu Tout-puissant sans qui aucune œuvre n’est possible. C’est à que nous devons attribuer tous nos succès et victoires.
L’Eglise des Assemblées de Dieu du Togo remercie également le gouvernement togolais et le chef de l’Etat pour l’ouverture, la liberté de culte et l’accompagnement dont elle bénéficie de la part des autorités togolaises à tous les niveaux. Puisse Dieu les bénir !

A  Dieu soit la gloire pour les  choses  qu’Il a  faites. Amen !

Introduction

L’Eglise des Assemblées de Dieu du Togo a derrière elle 75 ans de vie. Commencé faiblement en avril de l’an 1936, ce mouvement est devenu aujourd’hui la plus grande église pentecôtiste du Togo. Ce succès et cette victoire, il faut les attribuer d’abord à l’élément même qui a donné naissance au pentecôtisme, la puissance du Saint-Esprit, mais aussi au zèle, aux luttes, aux combats et à l’esprit de sacrifice de ceux qui ont porté le message du salut. Venus des Etats-Unis et de la Haute Volta (aujourd’hui Burkina Faso), ces missionnaires et pionniers n’ont pas rechigné devant les obstacles et défis afin d’annoncer la Bonne Nouvelle aux populations togolaises. Aujourd’hui, l’histoire leur donne raison.
Retracer un parcours de 75 ans aussi riche en événements n’est pas chose facile. On ne peut que relever les grandes lignes ayant marqué la vie de l’Eglise, depuis l’implantation jusqu’à l’expansion dans toutes les régions du Togo, sans oublier les facteurs ayant favorisé sa croissance. Une bonne place sera aussi réservée à l’organisation et aux œuvres sociales. En parcourant ces pages, nous sommes invités à tirer des leçons de notre passé afin de mieux envisager l’avenir.

APERÇU DE L’HISTOIRE DES ASSEMBLEES DE DIEU

L’histoire des Assemblées de Dieu est un chapitre de l’histoire du pentecôtisme moderne qui a vu le jour au début du 20ème siècle aux Etats-Unis. En effet, vers la fin du 19ème  siècle, se manifesta une grande soif pour une expérience plus profonde que la conversion. Cette situation donna naissance à plusieurs mouvements de sainteté en quête d’un renouveau spirituel. Parmi ces mouvements, figurait le Mouvement de la Foi Apostolique (Apostolic Faith Movement) fondé par Charles Fox Parham.

1.    Charles Fox Parham et l’Ecole Biblique de Topeka

En octobre 1900 Charles Fox Parham décida d’ouvrir une Ecole Biblique afin de propager et de développer ses positions doctrinales. C’est ainsi que l’Ecole Biblique Béthel (Bethel Bible School) vit le jour. Parham y enseigna que le parler en langues était le signe biblique initial du baptême dans le Saint-Esprit.  Parmi les étudiants de ‘Bethel Bible School’ qui s’engagèrent à rechercher le baptême du Saint-Esprit tel qu’enseigné par Parham, fut une femme, Agnès Ozman. Le 1er janvier 1901 lors du culte du soir, elle reçut le baptême du Saint-Esprit et se mit à parler en langues. L’expérience d’Agnès Ozman était le coup de sifflet pour le début d’une nouvelle effusion du Saint-Esprit dont le point culminant fut le réveil d’Azusa Street avec William Seymour.

2.    William Seymour et Azusa Street

L’expérience d’Agnès Ozman mit fin à l’Ecole Biblique de Béthel. Le mouvement se dispersa afin de propager le feu de la pentecôte. Parham s’établit finalement à Houston où plusieurs Noirs Américains furent influencés par son ministère. Parmi ceux-ci, il y avait William J. Seymour, un Noir et ancien élève de Parham. L’histoire rapporte que Seymour suivait les cours de Parham assis dehors dans l’allée, parce qu’il n’était pas autorisé à s’asseoir dans la même classe avec les étudiants blancs.  Il fut cependant convaincu du message de Parham sur le baptême dans le Saint-Esprit et transporta ce message à Los Angeles.
En 1906 l’attention porta sur les efforts de Seymour à Los Angeles où il tint des réunions publiques. Le lundi 9 avril 1906, pendant que Seymour et sept autres personnes priaient, le Saint-Esprit descendit. La nouvelle se répandit et les gens accoururent de partout. Seymour transféra ses réunions dans une église abandonnée à 312 Azusa Street. Cet événement fit sensation et défraya la chronique. Les journaux en parlaient. Les gens venaient de partout le monde pour assister à ses réunions. Le réveil pentecôtiste se répandit partout aux Etats-Unis entre 1906 et 1907.
Le pentecôtisme moderne en Amérique naquit hors des dénominations existantes qui rejetèrent le message et l’expérience de la pentecôte. Ce rejet entraina la création des groupes et centres pentecôtistes éparpillés aux Etats-Unis et qui seront à l’origine de la naissance des Assemblées de Dieu.

3.    La naissance des Assemblées de Dieu

Au départ, presque tous les mouvements pentecôtistes étaient opposés à toute forme d’organisation ecclésiastique. Mais avec le temps, l’organisation s’imposa comme une nécessité afin de consolider les liens entre les différents groupes et centres pentecôtistes et de préserver la doctrine.
Ainsi, quelques dirigeants très connus au sein du renouveau pentecôtiste décidèrent de lancer un appel  à toutes les Eglises de Dieu en Christ et toutes les Assemblées pentecôtistes ou de la Foi Apostolique qui aimeraient collaborer dans l’amour et la paix afin d’étendre le royaume de Dieu. Cet appel fut entendu. Du 2 au 12 avril 1914, plus de 300 délégués se rassemblèrent à Hot Springs dans l’Etat d’Arkansas pour créer une nouvelle organisation nationale qui allait regrouper des centaines d’églises indépendantes éparpillées dans tous les Etats-Unis. Le congrès nomma le pasteur E. N. Bell Président de séance et le pasteur  J. Roswell Secrétaire. A l’issue des travaux, les participants convinrent de se rassembler sous une seule et même bannière dénommée : ‘Les Assemblées de Dieu’, selon Néhémie 13 :1 et Psaume 82 :1 : « Dieu se tient dans l'assemblée de Dieu ». E. N. Bell en devint le premier Président.

Le réveil pentecôtiste du début du 20e siècle aux Etats-Unis avait surtout produit un zèle extraordinaire pour la mission. Parfois au péril de leur vie, des missionnaires allèrent dans plusieurs parties du monde : Afrique, Amérique du Sud, Asie. C’est ainsi qu’en automne 1920 une équipe de missionnaires américains dirigée par Wilbur Taylor quitta les USA par bateau. Ils traversèrent le Sénégal et le Soudan Français (Mali), remontèrent le fleuve Niger et accostèrent à Mopti.  De là ils entamèrent le voyage à dos d’âne en passant par Ouahigouya, Yako et ils arrivèrent, le 1er Janvier 1921, à Ouagadougou la capitale.  Quelques années plus tard, des Missionnaires passèrent les frontières du Burkina Faso pour apporter l’Evangile au Togo.  


L’IMPLANTATION DES ASSEMBLEES DE DIEU AU TOGO

1.    La pénétration

L’année 1936 et la ville de Dapaong, une date et un lieu qui resteront mémorables dans l’histoire des Assemblées de Dieu du Togo. En effet, cette année-là, les premiers pionniers arrivèrent dans le chef-lieu de la préfecture de Tône, venant de Tenkodogo en Haute-Volta (Burkina Faso) où les missionnaires américains avaient installé une station.
Le premier missionnaire à fouler le sol togolais fut Arnold C. Weston, installé dans la région de Tenkodogo (1932 - 1940). Il fit un voyage de reconnaissance au Togo et traversa la moitié du pays jusqu'à Sokodé. Il découvrit qu’aucune mission protestante n’était installée dans le Nord du Togo. Il sollicita et obtint du gouverneur BOURGINE (avril 1935 – octobre 1936) l’autorisation d’évangéliser la région.
Pendant les années qui suivirent un grand effort d’évangélisation fut mené par des chrétiens Mossi et Boussanga venant de la Haute-Volta. Le tout premier pionnier fut Nizemba Dentoumda. Il fut suivi par deux autres : Tenga Sapaga, Soukouba (ou Sobaba) Kéré. Ils parcoururent à pied les villages et hameaux de la préfecture de Tône afin d’y apporter la Bonne Nouvelle ; beaucoup se convertirent. Tapsoba Issaka Flavien rapporte que Nizemba Dentoumba « quitta Dapaongo en y laissant une église de trois cent cinquante fidèles pour rejoindre Ouagadougou » .  
Le succès de ces premiers pionniers encouragea les missionnaires américains à s’installer à Dapaong.

2.    Les stations missionnaires

2.1.    Dapaong

La première station missionnaire fut donc installée à Dapaong en 1940 par Rev et Mme Paul Weidman venus de Tenkodogo. Mais ils durent repartir à Tenkodogo pendant la saison pluvieuse lorsque leur case s’écroula. Mais cela n’entama pas leur détermination. Ils revinrent après les pluies et reconstruisirent une nouvelle case.     
Cependant, le séjour des Weidman fut très bref. Ils quittèrent définitivement Dapaong en 1941. Il fallait attendre six ans avant qu’un autre missionnaire ne prenne la relève.

Murray et Marjorie Brown étaient de jeunes missionnaires travaillant à l’institut biblique de Koubri en Haute-Volta. Un jour, pendant qu’il était à l’école, il entendit un éclat soudain de chants joyeux. Etant sorti, il vit sept garçons qui descendaient la route
avec un pousse-pousse à deux roues rempli de céréales (mil, maïs, etc.) et des nattes en paille. « Ils viennent du Nord Togo », dit quelqu’un, « car leur dialecte est différent du Mooré que nous parlons dans le pays Mossi » . Ces sept garçons avaient voyagé à pied sur plus de 300 kilomètres dans la poussière de la saison sèche afin d’aller étudier à l’Ecole Biblique de Koubri. Très poussiéreux et fatigués, ils étaient pourtant tellement joyeux d’être enfin arrivés qu’ils éclatèrent en louanges au Seigneur. Au nombre de ces jeunes, était Pasgo Bila, que le destin prédestinait à devenir le premier Président de l’Eglise des Assemblées de Dieu du Togo.  

Murray n’a jamais oublié cette scène émouvante. Plus tard, lui et sa femme Marjorie apprirent qu’il n’y avait aucun missionnaire des Assemblées de Dieu au Togo, et qu’il n’y avait aucun missionnaire de n’importe quelle confession dans le Nord du pays (…) Les Browns comprirent le besoin de ce pays voisin. Plus ils prièrent pour cela, plus ils sentirent l’appel de Dieu pour le Togo. Finalement ils s’embarquèrent dans leur pick-up en direction de Dapaong  .

Le 22 septembre 1947, Murray et Marjorie Brown arrivèrent à Dapaong sous une pluie battante. Depuis le départ des Weidman, les chrétiens priaient pour que Dieu leur envoie un missionnaire. Quand ils virent le pick-up des Brown, ils accoururent en criant : « Nous ne sommes plus des orphelins » . Plusieurs pleurèrent de joie. Brown écrira plus tard :

Le voyage sur Dapaong était le point culminant de mes années en Afrique. Je sentis sans aucun doute que j’étais là où Dieu voulait que je sois parce que
plusieurs années auparavant, j’avais eu une vision dans laquelle j’ai vu le pays dans lequel nous travaillions (Dapaong). Si cela avait été possible, je pouvais y passer le reste de ma vie .

Homme infatigable, Brown parcourut toute la préfecture du grand Tône et implanta des églises jusqu’à Mandouri à l’Est.

La prédication de l’Evangile était souvent accompagnée de démonstrations de la puissance du Saint-Esprit, avec des guérisons.
Le temple et la résidence missionnaire de Dapaong furent l’œuvre des Brown. Ils quittèrent définitivement Dapaong en 1960 pour continuer la mission à Kpalimé.
En octobre 1962, John Hall arriva à Dapaong. L’histoire retiendra son très grand effort de traduction de portions d’Ecritures en Moba. Son souci était de permettre aux Moba de lire la Bible dans leur propre langue. Avec l’aide de Caleb Bouabyal (Saabdaan), l’un des premiers pasteurs Moba, il traduisit plusieurs portions du Nouveau Testament en Moba. Ils redigea aussi des leçons de l’Ecole de Dimanche en trois colonnes : Moba, Français et Moore (Togo History Information, 1984). Il est aussi l’auteur d’un recueil de chants en Moba et d’un syllabaire en Gourmantche.
Hall était à la fois un missionnaire, un linguiste et un médecin dentiste. Pendant son séjour de 4 ans (1962-1965) à Dapaong, il  aida beaucoup ses collègues missionnaires, les fonctionnaires du gouvernement et les autochtones qui avaient des problèmes dentaires.
Le succès de l’Evangile à Dapaong fut incontestable. Les tous premiers pasteurs des Assemblées de Dieu du Togo vinrent de Dapaong. Parmi la première vague formée à Koubri en Haute-Volta (Burkina Faso), on peut citer : Pasgo Bila (qui devint le premier Président des AD du Togo) ; David Gnandja ; Caleb Bouabyal (Saabdaan) ; Piga Tchedlebeogo, cousin de Ninzemba; Kamlone ; Kombate Bonabona.  
De Dapaong, l’Evangile se mit à progresser lentement vers les autres villes du Nord-Togo. La prochaine étape fut Sansanné-Mango.

2.2.    Sansanné-Mango

La station missionnaire de Mango vit le jour en 1950 grâce à Paul Bruton. Les populations de la région se montrèrent favorables à l’Evangile. Un chef de village lança un cri du macédonien en demandant au missionnaire de leur envoyer un prédicateur : « Nous avons entendu qu’il y a des missionnaires à Sansanné-Mango. S’il vous plait, envoyez-nous un enseignant. Nous construirons une maison. Nous construirons une église. » .
Après Paul Bruton, les missionnaires Mel McNuctt, Wayne Turner et Melton Hill se succédèrent à Mango. En 1956, le Pasteur Bemou, fraîchement sorti de l’Ecole Biblique de Natitingou, prit la direction de l’église de Mango. Le couple missionnaire Robert et Becky Creel y passèrent aussi un mandat et ouvrirent une librairie chrétienne à côté de l’église. Presqu’au même moment, d’autres missionnaires étaient à l’œuvre à Bassar.

2.3.    Bassar

De Mango, l’Evangile fit donc cap sur Bassar avec le missionnaire David Wakefield en 1951. Celui-ci reçut un accueil chaleureux de la part de la population et des autorités de la ville qui lui firent une concession de terre pour la construction d’une station missionnaire. La résidence missionnaire fut construite par Henri Dahlberg qui avait pour aide le pasteur Garba. Wakefield construisit la chapelle et un centre de formation technique en 1956. Il ouvrit également un cours préparatoire afin de rehausser le niveau des candidats pour l’Institut Biblique de Natitingou. Ces installations sont devenues aujourd’hui l’Ecole Primaire des Assemblées de Dieu de Bassar. L’Evangile prospéra à Bassar et plusieurs jeunes
répondirent à l’appel pour le ministère. On peut citer entre autre : Labodja Bourè, Nabine Gnon, Wagbe Gbandi, Nabine Morou, etc.

2.4.    Sokodé

Après Mango, Wayne Turner et le pasteur Bémou débarquèrent à Tchamba en 1959 d’où ils iront à Sokodé, ville en majorité musulmane, en février 1960. Ils achetèrent un bâtiment de la compagnie SCOA qu’ils transformèrent en lieu de culte. Un logement pour le pasteur fut également amenagé. Ces bâtiments furent inaugurés le 27 avril 1960, jour de l’indépendance du Togo.

Pendant 24 ans les activités missionnaires des Assemblées de Dieu étaient limitées au Nord du Togo en raison d’une convention avec la Fédération des Eglises Protestantes de l’Afrique de l’Ouest. Après l’indépendance du Togo les Assemblées de ieu commencèrent à ouvrir des églises au Sud.

2.5.    Lomé

Lomé fut la première étape dans l’implantation des Assemblées de Dieu au Sud. Le 1er juin 1960, David Wakefield arriva à Lomé pour y ouvrir la première station missionnaire au Sud. Il acquit pour le compte de l’Eglise un terrain à Kodjoviakopé où fut construite la résidence missionnaire. C’est là le siège des Assemblées de Dieu du Togo aujourd’hui. Un autre terrain fut acheté au 10, rue du chemin de fer, où se trouve le Temple du Calvaire. William Lovick en construisit le premier temple qui fut inauguré le 25 février 1968 en présence du Président de la République, feu Gnassingbé Eyadema. La personnalité charismatique, tenace et influente de William Lovick a permis l’acquisition du site de l’ESTAO/FATAD.


La deuxième étape dans l’implantation des Assemblées de Dieu au Sud fut Kpalimé.

2.6.    Kpalimé

Le 18 novembre 1962 le couple Murray et Marjorie Brown déposèrent leurs valises à Kpalimé, ville située à 120 kilomètres au Nord-Ouest de Lomé. Ce fut le début des Assemblées de Dieu dans ce milieu. Le terrain n’était pas facile, mais la foi et la persévérance qui ont toujours caractérisé ce couple missionnaire ont permis la naissance d’une assemblée dans la ville. L’église commença dans leur salon dans le quartier Nyiveme. Avec la bénédiction de Dieu, la petite assemblée commença à croitre, débordant le salon des Brown. Il fallait trouver un emplacement pour l’église.
Grâce à la vision de Brown, un terrain de quatre lots fut alors acquis. Ce sont les locaux actuels de l’église des AD de Kpalimé. Notons que les pasteurs Tossou Tetevi et Bemou Joseph Yeropa ont collaboré avec Brown dans l’implantation de l’église à Kpalimé. L’église de Kpalimé prendra son essor au temps du pasteur Edoh Kodjo.
D’autres missionnaires y ont également travaillé : Ben Odell, Glen Gray et Cunningham. Apres Brown, le pasteur Bemou Yeropa prit la relève pour la suite de l’œuvre à Kpalimé.

Ainsi, de 1936 à 1962, les Assemblées de Dieu touchèrent presque toutes les régions du Togo. Pour la bonne marche de l’œuvre, les missionnaires travaillant au Togo décidèrent de former un seul groupe missionnaire avec ceux du Benin.

3.    Le champ Togo-Dahomey

Au début, l’Eglise togolaise était unie à celle de la Haute-Volta (Burkina Faso), puisque les premiers missionnaires et évangélistes étaient venus de là.  En 1945, la première station missionnaire du Dahomey (Bénin) vit le jour à Natitingou avec le couple missionnaire A.E. Wilson. En 1951 les deux champs missionnaires du Togo et du Bénin furent alors unis.
Dans les années 1950, le champ Togo-Bénin comptait 21 missionnaires, 7 stations missionnaires (Natitingou, Tanguiéta, Boukoumbé, Kouandé, Sansanne Mango, Dapaong et Bassar), 14 pasteurs, 200 fidèles, 18 églises et une école biblique, celle de Natitingou.
L’autonomie fut accordée aux nationaux des deux pays en 1955 à la conférence de Dapaong et ratifiée à la convention de Tanguiéta le 7 décembre 1956. Un Comité Exécutif Togo-Dahomey de trois membres fut alors élu et composé comme suit :

-    Président             : Rév. PASGO Bila Daniel
-    Vice-président         : Rév. KALIFA Sabou
-    Secrétaire –Trésorier    : Rév. WAGBE Gbandi Claude

Cependant, le couple Togo-Benin n’allait durer qu’une dizaine d’années.

4.    Séparation du champ Togo-Dahomey

Après l’indépendance des deux pays, la cohabitation n’était plus possible. A la convention de Natitingou en décembre 1965, le champ Togo-Dahomey va être séparé et le groupe missionnaire divisé en deux. Les Eglises nationales des deux pays devaient se réorganiser. Ainsi, un Comité Exécutif pour le Togo fut formé et composé de :

-    Président             : Rév. PASGO Bila Daniel
-    Vice-président         : Rév. BEMOU Yeropa. Joseph
-    Secrétaire-trésorier         : Rév. WABE Gbandi Claude

Le Révérend PASGO Bila Daniel occupera ce poste jusqu’à sa retraite en 1987, date à laquelle il passera le témoin à un autre serviteur choisi par Dieu, le Révérend DJAKOUTI Mitré. Sous sa houlette, l’Eglise va continuer à s’enraciner et à se développer dans tous les domaines : spirituel, matériel, social, etc.

Le Bureau Exécutif élu en 1987 était composé comme suit :

-    Président             : Rév. DJAKOUTI Mitré
-    Secrétaire Général         : Rév. HANNANI Natani
-    Trésorier General         : Rév. BEMOU Yeropa
-    Conseiller             : Rév. TOMTANIA Kwame
-    Conseiller             : Rév. WEIDMAN John

Loin de freiner l’œuvre, la séparation avait plutôt favorisé l’expansion rapide de l’Eglise dans les deux pays. Les Assemblées de Dieu du Togo vont donc toucher progressivement toutes les autres régions et  localités du pays grâce au zèle conjugué des missionnaires et des nationaux.

5.    L’expansion de l’Eglise dans les autres localités

L’expansion des Assemblées de Dieu dans les autres régions peut-être considérée comme la deuxième phase dans l’histoire des Assemblées de Dieu du Togo après celle des stations missionnaires. Si la première phase était  essentiellement menée par les missionnaires, les nationaux ont été à la ligne de front au cours de cette deuxième partie.

5.1.    La région de la Kara

5.1.1.    La préfecture de la Kara

Jack Bledsoe fut le premier missionnaire à s’installer à Lama-Kara (Kara) en 1969. En décembre 1969, les élèves pasteurs Natani Hannani et Koffi Batango organisèrent une campagne d’évangélisation porte-à-porte qui vit le tout premier converti de Lama-Kara, Djato Kpiki.
Le couple missionnaire Glen et Peggy Gray arrivèrent dans la région en 1978 et y développèrent un important centre d’évangélisation. Le missionnaire James Chaney avait lui aussi un grand fardeau pour l’évangélisation dans la région de la Kara.

5.1.2.    Le milieu Lamba

Les Lamba furent touchés par l’Evangile en 1961. Vingt ans plus tard, c’est-à-dire en 1981, on comptait 12 pasteurs, 23 églises locales et plus de 1 500 chrétiens Lamba.  Selon Robert C. Cunningham, « les guérisons miraculeuses ont été parmi les facteurs qui ont attiré les Lamba à Christ. »

5.2.    La région Centrale

La région centrale fut très tôt touchée par les Assemblées de Dieu. Bassar (1951) et Sokodé (1960) figurent parmi les premières stations missionnaires implantées par les missionnaires. Les autres préfectures de cette région seront atteintes par la suite.

5.3.    La grande région des Plateaux

Déjà en 1962, les Assemblées de Dieu arrivèrent à Kpalimé avec le couple missionnaire Murray et Marjorie Brown venant de Dapaong. De Kpalimé, les Assemblées de Dieu vont gagner les autres préfectures de la grande région des Plateaux.

5.3.1.    La préfecture de l’Ogou

Les premières églises de la préfecture de l’Ogou furent celles d’Atomé et d’Agounké. Entre 1969 et 1970 la ville d’Atakpamé va être touchée par l’Evangile grâce au témoignage de la famille Heindé. Monsieur Heindé était un fonctionnaire de la UAC affecté dans la ville. Il obtint du chef de circonscription, Ali Kpohou, la permission de tenir des cultes avec sa famille. D’autres personnes se joignirent à eux. En 1973, le missionnaire Edmonds arriva à Atakpamé afin de soutenir l’œuvre.

5.3.2.    La préfecture du Haho    

Les Assemblées de Dieu sont arrivées très tôt dans le Haho. En 1966 les pasteurs BEMOU Yeropa et NABINE Gnon furent envoyés pour diriger respectivement les assemblées de Kamé et d’Asrama qui s’étaient s’affiliées aux Assemblées de Dieu quelques années auparavant, suite à des incompréhensions au sein de leurs assemblées d’origine, Apostolique puis Pentecôte. En décembre 1977, le pasteur Natani Hannani, qui venait de terminer ses études au CSTAO, fut affecté à Kamé. Il  sera ramené à Lomé en janvier 1979 pour prendre la direction du Foyer des Jeunes.
L’église de Notsé a vu le jour en 1985 grâce aux sieurs KONDO Akodegnon et DEGLO. Aucune église des Assemblées de Dieu n’étant dans le milieu à leur arrivée, ils commencèrent alors à évangéliser et à inviter les gens à la prière et à  l’étude biblique. C’est ainsi que les Assemblées de Dieu s’y implantèrent. Le premier pasteur fut Matchao Koffi.


Les autres préfectures de la région furent progressivement atteintes par les Assemblées de Dieu : Danyi, Wawa, Agou, Amou et Kpélé-Akata.

En février 2000, la grande région des Plateaux fut divisée en deux à cause de sa superficie très vaste qui rend difficile une administration efficace :
-    la région des Plateaux-Est, comprenant les préfectures de l’Ogou, de l’Anié, du Haho, de l’Est Mono et du Moyen Mono,
-    la région des Plateaux-Ouest, formée des préfectures de Kloto, de Wawa, d’Amou, d’Agou, de Kpélé-Akata, d’Akebou, de Danyi.

5.4.    Les régions Littorale et Maritime

Lomé fut la première cible des Assemblées de Dieu au Sud, avec l’implantation du Temple du Calvaire qui va participer activement à l’ouverture de  plusieurs églises dans la grande région Maritime. En 2003, avec la croissance de l’Eglise, la grande région Maritime fut scindée aussi en deux : la région Littorale comprenant les préfectures du Golfe, Lacs, Bas-Mono et Vo, et la région Maritime composée de l’Avé, Yoto et Zio.

5.4.1.    La préfecture de Yoto

La première préfecture de la region maritime à accueillir les Assemblées de Dieu dans la région maritime fut le Yoto. Les Assemblées de Dieu y arrivèrent en 1962, avec la conversion du chef canton de Tagbligbo, monsieur VIAGBO. La première église de cette préfecture vit le jour à Kouvé. En 1978, le pasteur DJAKOUTI Mitré fut affecté de Dapaong à Kouvé. Son ministère permit l’implantation de plusieurs églises dans la préfecture.

5.4.2.    La préfecture des Lacs

Dans la région Littorale, après le Golfe, ce fut le tour des Lacs de recevoir la lumière de l’Evangile apportée par les Assemblées de Dieu. En novembre 1978 les étudiants du Cours Supérieur de Théologie de l’Afrique de l’Ouest (CSTAO) organisèrent une campagne d’évangélisation à Attitogon et y implantèrent l’église. Elle fut dirigée par le prédicateur laïc Lombo Koutchanté. Le Pasteur  TOGBUI Mawussi sera affecté à Atitogon de 1979 jusqu’en 1990.
L’église d’Aného fut ouverte en 1980/1981 par le Temple du Calvaire. Le premier pasteur fut Amouzou Denis, suivi des pasteurs AZAKPO Tete et de ANANI Kodjovi Gaston.

5.4.3.    La préfecture de l’Avé

La première église de cette préfecture fut créée à Zogbepimé, le 25 décembre 1978, jour de Noël, grâce aux sieurs DUHO Komi, NUKAFO Kossi, ADJOKOU Koffi Richard et madame GAMEDI Victoria. Ces derniers priaient pour l’implantation d’une église à Zogbepimé. C’est alors que Monsieur ADJOKOU alla voir les responsables du Temple du Calvaire, dirigé par le Rév. PASGO Bila, pour solliciter l’ouverture d’une église ‘Assemblées de Dieu’ dans le milieu. Le premier dirigeant de cette église fut le prédicateur laïc AGBEDELA Kpeli de 1978 à 1979. Son ministère permit l’ouverture de deux églises annexes à Agbadjanakè et à Assahoun.

5.4.4.    La préfecture de Vo

Les premières églises des Assemblées de Dieu dans le Vo furent celles de Tidémé, d’Atsansi et de Sevagan en 1979. L’église de Vogan-ville fut implantée en 1984. Le missionnaire KUMMERER et quelques étudiants du CSTAO y organisèrent une évangélisation en plein air du 03 au 05 mai 1984 et y implantèrent l’église. Le pasteur TOSSOU Kossi, qui dirigeait l’église de Sévagan, supervisa l’église naissante. De 1986 à 1988, cette église fut confiée au pasteur ANANI Kodjovi Gaston en poste à Aného. La consécration de certains jeunes tels que Fiozandzi Edo, Akoesso Yao, Kalipé Bruno, Dick Adékpoé et Sékaya au tour du pasteur Kodjovi permit à la jeune église de s’enraciner, Le pasteur Kempou Alandjo prit la direction de l’église de Vogan le 1er juillet 1988.

5.4.5.    La préfecture du Zio

Les premières églises de la préfecture du Zio furent Aya Copé et Gamé Comé en 1978. Elles furent suivies de l’église de Dalavé en 1980. L’église de Tsévié a vu le jour en 1980 grâce à l’action conjuguée des églises du Temple du Calvaire, de Zogbepimé et de Dalavé à la suite d’une croisade d’évangélisation dirigée par feu WAGBE Gbandi Claude, alors Secrétaire General du Bureau Exécutif. Le premier lieu de culte était une salle louée située au coté sud de l’actuel établissement Emily, derrière le groupement maritime de la Gendarmerie Nationale. L’église déménagera par la suite sur son site actuel, un terrain acquis par l’Eglise Nationale. Le premier pasteur fut le missionnaire Alton SMITH. C’est lui qui entreprit la construction du temple en collaboration avec d’autres missionnaires américains.

Les Assemblées de Dieu ont mis 42 ans, de 1936 à 1978,  pour atteindre toutes les régions du Togo. La conquête des autres régions du pays représentait un grand défi dû principalement au manque d’ouvriers. Mais avec l’expansion, l’Eglise a aussi connu une grande croissance, aussi numérique que spirituelle.

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