mercredi, 29 janvier 2020 17:14

Entretien avec Docteur Ballenger admise à la retraite après 19 ans de service au Togo.

 

 

 

 

Bonjour Docteur Ballenger

 

Mary BALLENGER (MB) : Bonjour  Sœur  Bella

 

 Qu’est ce qui vous a amené au Togo ?

 

MB : C’était en 1995 que je suis arrivée au Sénégal, sur invitation de l’Institut biblique du Sénégal pour venir exercer en tant qu’archiviste. C’est de là que je suis venue à l’ESTAO -FATAD au Togo. Jai continué à servir au Togo en tant qu’archiviste jusqu’en 1999. Apres le comité directeur de l’Ecole m’a demandé de devenir la Doyenne académique de l’école. Jai donc occupé ce poste jusqu’en 2010. J’étais donc en vacance dans mon pays (Etats-Unis) quand j’ai reçu le  coup de fil de la direction de l’ESTAO me proposant pour cette fois de revenir en tant que Présidente de l’Ecole.

 Et qu’elle a été votre réaction à l’annonce de cette nouvelle ?

MB : La première réaction a été de leur demander s’ils ont prié par rapport à ça. Et ils m’ont dit qu’ils ont prié et qu’ils n’attendaient que le moment propice pour me l’annoncer. Jai dit que si cela ne vient pas de Dieu ce serait un désastre.

  Alors depuis mai 2010 vous êtes devenue présidente de l’ESTAO-FATAD, dites nous comment avez-vous travaillé durant votre mandat ?

 Le Seigneur a béni ces années, j’ai compris qu’il était avec moi et c’est une grâce. C’était une grande joie pour moi de passer ces années à Lomé. J’ai toujours eu l’intention de bien former les serviteurs de Dieu, les leaders, les responsables d’églises non seulement dans la doctrine mais dans tous les domaines pour la gloire de Dieu. Et c’est toujours une joie pour moi de voir les étudiants à la fin de chaque année repartir dans leurs pays dans le but d’aller dispenser ce qu’ils ont reçu. Ma préoccupation a donc toujours été de travailler à amener les âmes à connaitre le seigneur tel que nous le connaissons. C’était surtout un plaisir de voir la croissance de l’école. A mon arrivée, le nombre d’étudiants était entre 25 et 50. Mais aujourd’hui l’effectif varie entre 500 et 600 étudiants venant de plusieurs pays d’Afrique centrale, occidentale et du Madagascar.

 

 Quelle a été la particularité dans l’exercice de votre fonction en tant que présidente ?

On a changé la manière d’offrir les cours. Avant l’étudiant venait à la FATAD pour une formation de trois ans période au cours de laquelle il ne pouvait pas garder son poste mais il était dans l’obligation de laissé son église. Une fois de retour dans son pays il devait recommencer tout à zéro. Lorsque j’ai accédé à la présidence nous avons ensemble réfléchi avec mes collaborateurs et nous avons élaboré un nouveau système. Les étudiants peuvent désormais venir se faire former à la FATAD soit sur six semaines, neuf semaines, dix semaines ou encore sur treize semaines en cours intensifs. La formation dure toujours trois ans mais en session bloquée une fois l’an. Cela a permis aux étudiants qui sont à la base des pasteurs de garder leurs postes dans les églises et une fois de retour chez eux ils peuvent continuer par s’occuper de leurs différentes églises. Cette nouvelle stratégie a fait accroitre l’effectif des étudiants à la FATAD.

 Comment se passe la collaboration avec les différents pays représentés à la FATAD ?

MB : on a en tout 23 pays, de l’Afrique occidentale et centrale en plus du Madagascar, qui envoient des étudiants à la FATAD. C’est une joie de travailler avec les différentes églises nationales des Assemblées de Dieu. Je remercie le Seigneur pour leur collaboration puisque les membres du  comité directeur de L’Ecole viennent de chacun des pays, et je remercie de ce que le travail s’est déroulé dans une ambiance fraternelle et c’est vraiment ce qui fait la force de la FATAD. Je profite pour dire un sincère merci a L’église des Assemblées de Dieu du Togo, surtout le Bureau Exécutif avec à sa tête le Président National, Rév. DJAKOUTI Mitré. Les premiers responsables de l’église du Togo m’ont toujours soutenue dans tous les domaines pour que je puisse mener à bien mon ministère durant mon mandat. C’est vrai que je repars chez moi mais je garde le Togo dans mon cœur.

 Quels ont été les moments forts de votre ministère au Togo ?

MB : ca a toujours été frappant pour moi de voir les étudiants qui venaient à la FATAD traversé des moments difficiles tant dans leur pays d’origine que durant leur séjour au Togo mais qui tiennent le coup jusqu’à la fin de la formation, ils faisaient des sacrifices et ca m’a beaucoup marqué. Mon autre moment fort c’est quand le gouvernement togolais nous a donné l’homologation. Un autre geste qui m’a toujours touché aussi, c’est le soutien inconditionnel de la chapelle. Elle nous aide à subventionner les frais de formation à la FATAD. Aussi, plus de dix présidents des églises Assemblées de Dieu en Afrique se sont faits formés à la FATAD ca  me réjouis le cœur.

Qu’est ce que vous n’avez pas aimé durant votre mandat ?

MB : c’est le fait que je ne parle pas bien le Français. Il faut dire que Je n’ai pas eu beaucoup de moments désagréables au Togo au contraire j’ai appris beaucoup de choses j’aime beaucoup la culture togolaise, j’ai remarqué que le togolais reste toujours calme et serein devant les situations inquiétantes. Il démontre toujours une paix intérieure. Une autre situation que j’ai appréciée chez les togolais, c’est l’acceptation de l’autre et la joie de vivre en famille on peut voir plus de trois générations dans la même maison alors que dans mon pays ce n’est pas évident.

 Et si vous devez faire un bilan de votre passage au Togo

MB : c’est une grande richesse pour moi d’être venue au Togo. Je serais restée chez moi pour vouloir gagner matériellement et financièrement plus que j’allais le regretter amèrement. Je fais un bilan très positif du temps passé au Togo. Je remercie le Seigneur pour la santé qu’il m’a accordée car ce n’était pas évident. Mon médecin m’avait interdit de venir dans les tropiques à cause de mon état de santé mais par la grâce de Dieu tout s’est bien passé.

 DR Mary BALLENGER maintenant que vous êtes à la retraite qu’allez vous faire ?

MB : je ne quitte pas définitivement le Togo mais je ferai des aller-retours entre les Etats Unis et le Togo. En ce qui concerne ce que je ferai de ma vie, déjà on me propose de venir enseigner sur la mission dans une école biblique nouvellement créée par mon église. Quand je serai de retour dans mon pays et si Dieu nous accorde la santé je vais partager avec cette école mon expérience avec plaisir.

 

Avez-vous un conseil à donner à votre successeur ?

MB : je prie pour la FATAD et je veux que l’école garde sa crédibilité ; nos diplômes ont de la valeur et donc j’encourage tous les étudiants à se donner véritablement pour mériter pour les mériter. Pour le nouveau président je souhaite que Dieu le guide et que toutes ses décisions soient inspirées de Dieu.

Votre mot de la fin

MB : je souhaite vivement que Dieu garde le Togo. J’ai appris une chose c’est qu’on a toujours à donner. Même quand on n’a rien et qu’on est si pauvre, on a toujours quelque chose à donner. Je pars mais le Togo vient avec moi, je le porte dans mon cœur, j’ai une grande famille au Togo et ma prière est que Dieu protège ce pays et que l’église aille de l’avant. Dieu bénisse énormément la nation togolaise.

Dr Mary BALENGER merci .

MB : c’est moi qui vous remercie. Encore une fois, Dieu vous bénisse.